Dissonance cognitive

« Parfois, les gens ont une croyance centrale qui est très forte. Lorsqu’ils sont présentés avec des preuves qui s’opposent à cette croyance, les nouvelles preuves ne peuvent pas être acceptées. Cela créerait un sentiment extrêmement inconfortable, appelé dissonance cognitive. Et parce qu’il est si important de protéger la croyance fondamentale, ils vont rationaliser, ignorer et même nier tout ce qui ne correspond pas à la croyance principale. »

Frantz Fanon (Fort-de-France, 20/07/1925 – Washington DC, 06/12/1961)

 

 

« La première chose que l’indigène apprend, c’est à rester à sa place, à ne pas dépasser les limites; c’est pourquoi les rêves de l’indigène sont des rêves musculaires, des rêves d’action, des rêves agressifs. Je rêve que je saute, que je nage, que je cours, que je grimpe. Je rêve que j’éclate de rire, que je franchis le fleuve d’une enjambée, que je suis poursuivi par une meute de voitures qui ne me rattrapent jamais. Pendant la colonisation, le colonisé n’arrête pas de se libérer entre neuf heures du soir et six heures du matin. Cette agressivité sédimentée dans ses muscles, le colonisé va d’abord la manifester contre les siens. C’est la période où les nègres se bouffent entre eux et où les policiers, les juges d’instruction ne savent plus où donner de la tête devant l’étonnante criminalité nord-africaine. »

  • 09Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002, p. 53-54

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