L’IMMORALITÉ DE L’EXPIATION – L’IDÉE QUE DIEU DEMANDE DU SANG

Ce texte a été traduit par un admirateur de Robert G. Ingersoll, qui en utilisant le bon sens et les principes du christianisme, a complètement révélé et expliqué son effet dévastateur dans le dernier tiers du 19ème siècle. Si vous ne le connaissez pas, vous pouvez acheter une « compilation des discours de Robert Ingersoll » , en français, au format Kindle sur Amazon ou au format pdf sur le site : http://les-outils-de-la-sagesse.fr/

 

 

L’IMMORALITÉ DE L’EXPIATION

L’IDÉE QUE DIEU DEMANDE DU SANG

ROBERT G. INGERSOLL – 1861

Selon la croyance chrétienne dominante, la religion chrétienne repose sur la doctrine de l’expiation. Si cette doctrine se trouve être sans fondement, si elle est répugnante pour la justice et à la miséricorde, la structure s’effondre. [Comme Saint Paul a dit de la Résurrection, donc de l’expiation, « Si cela n’a pas eu lieu « votre foi aussi est vaine ».]

On nous dit que le premier homme Adam a commis un crime pour lequel toute sa descendance est tenue responsable – en d’autres termes, que nous sommes responsables, et pouvons être justement punis pour un péché, que nous n’avons en fait jamais commis. Cette absurdité est à l’origine d’une autre, à savoir, qu’un homme peut être récompensé pour une bonne action faite par un autre.

Dieu, selon les théologiens modernes, a fait une loi, son infraction mène  à la condamnation éternelle. Tous les hommes, disent-ils, ont violé cette loi. Dans l’économie du paradis, cette loi doit être justifiée. Elle pourrait l’être en condamnant l’espèce humaine entière. [Gardez à l’esprit, que Dieu signifie la Trinité : Père – Jésus – l’Esprit Saint.]

Par ce qu’on appelle l’expiation, le salut de quelques-uns a été rendu possible. [Les théologiens] insistent pour que la loi – quelle qu’elle soit – demande la peine extrême, que la justice soit réclamée pour ses victimes, et que même la miséricorde cesse de plaider. Dans ces circonstances, Dieu, en permettant [à Jésus] de souffrir, règle de manière satisfaisante avec la loi, et a permis à quelques coupables d’échapper à la punition divine. La loi était satisfaite de cet arrangement.

Pour mener à bien ce schéma, Dieu est né en tant que bébé (Jésus) dans ce monde. « Il a grandi en taille et en connaissance. » A l’âge de 33 ans, après avoir vécu une vie remplie de gentillesse, de charité et de noblesse, après avoir pratiqué toutes les vertus, il a été sacrifié comme moyen d’expiation pour l’homme. On prétend qu’il a réellement pris notre place, et a porté nos péchés et notre culpabilité ; Que de cette façon la justice de Dieu était satisfaite, et que le sang du Christ était une expiation, une expiation, pour les péchés de tous ceux qui croient en lui.

Sous la dispensation de la loi de Moïse, il n’y avait pas de rémission du péché sauf à travers l’effusion de sang. Si un homme a commis certains péchés, il doit apporter au prêtre un agneau, un taureau, une chèvre ou un couple de tourterelles. Le prêtre mettait ses mains sur l’animal, et le péché de l’homme était transféré. Ensuite, l’animal était tué à la place du véritable pécheur, et le sang jeté et répandu sur l’autel était une expiation. De cette manière, Jéhovah était satisfait.

Plus le crime est grand, plus grand est le sacrifice : plus il y de sang, plus l’expiation est grande. Il y avait toujours un certain ratio entre la valeur de l’animal et l’énormité du péché.

Les indications les plus minutieuses ont été données sur le meurtre de ces animaux, et à propos de l’aspersion de leur sang. Chaque prêtre est devenu un boucher, et chaque sanctuaire est un abattoir.

Rien ne pourrait être plus choquant pour un esprit raffiné et aimant. Rien n’aurait pu être mieux calculé, pour endurcir le cœur, que cette perte continue de sang innocent. Ce terrible système d’engrenage est supposé avoir abouti au sacrifice du Christ. Son sang prend la place de tous les autres. Il n’est plus nécessaire d’en verser davantage. La loi est enfin satisfaite, saturée. L’idée que Dieu veut du sang est à la base de l’expiation, et repose sur la plus horrible sauvagerie. Comment le péché peut-il être transféré des hommes aux animaux, et comment l’effusion du sang des animaux rachète-il les péchés des hommes ?

L’Église dit que le pécheur est en dette envers Dieu et que l’obligation est libérée par le Sauveur. Le mieux que l’on puisse dire d’une telle transaction, est que la dette est transférée, mais non payé. La vérité est que le pécheur est en dette envers la personne qu’il a blessé. Si un homme blesse son voisin, il ne lui suffit pas d’obtenir le pardon de Dieu, mais il doit avoir le pardon de son voisin. Si un homme met sa main dans le feu et que Dieu lui pardonne, sa main sera exactement la même. Vous devez, après tout, récolter ce que vous semez. Aucun dieu ne peut vous donner du blé quand vous semez de l’ivraie, et aucun diable ne peut vous donner de l’ivraie lorsque vous semez du blé.

Il n’y a dans la nature ni récompenses ni punitions – il y a des conséquences. La vie de Christ en vaut l’exemple, sa force morale, son héroïsme de bienveillance. Faire souffrir l’innocence est le plus grand péché ; Comment est-il possible de faire de la souffrance de l’innocent une justification pour le criminel ?

Pourquoi un homme serait-il disposé à laisser souffrir l’innocent pour lui ?

Certainement, l’homme qui consentirait qu’une personne innocente doive souffrir pour son péché ne serait pas apte au ciel. Que penserait-on d’un homme qui permettrait à un autre de mourir d’un crime qu’il a lui-même commis ?

Que penserions-nous d’une loi qui permet aux innocents de prendre la place du coupable ? Est-il possible de justifier une loi juste en infligeant la punition à l’innocent ? Ne serait-ce pas une seconde violation au lieu d’une défense ?

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