Thomas Paine (extrait) – «Mon pays est le monde, et ma religion est de faire le bien. »

Extrait du livre que vous pouvez acheter sur Amazon (Kindle) ou en me contactant (pdf) – voir l’onglet « La Librairie » sur le blog

THOMAS PAINE
(texte écrit en 1870)

A travers les siècles passés, l’esprit de l’homme a été assiégé par les hôtes de la superstition. Lentement et péniblement, les armées de la délivrance ont avancé. Détestés et méprisés par ceux qu’ils voulaient sauver, ses grands soldats, ces libérateurs immortels, se sont battus sans gloires, ont travaillé sans applaudissements, ont souffert sans pitié, et ils sont morts exécrés et détestés. Pour le bien de l’humanité, ils acceptèrent l’isolement, la pauvreté et la calomnie. Ils ont tout abandonné, tout sacrifié, tout perdu, sauf la vérité et le respect de soi.

/…

L’un des soldats les plus courageux de cette armée était Thomas Paine ; et je lui dois la liberté dont nous jouissons aujourd’hui. Né parmi les pauvres, là où les enfants sont des fardeaux ; dans un pays où la vraie liberté était inconnue ; où les priviléges de classe étaient gardés avec une jalousie infinie, et les droits de l’individu foulé aux pieds des prêtres et des nobles ; où préconiser la justice était une trahison ; où la liberté intellectuelle était de l’infidélité, il est merveilleux que l’idée de la vraie liberté ait pu germé dans son cerveau.

…/…

À l’âge de trente-sept ans, Thomas Paine quitta l’Angleterre pour l’Amérique, avec le grand espoir d’être un instrument dans l’établissement d’un gouvernement libre. Dans son propre pays, il ne pouvait rien accomplir. Ces deux cultures – l’Église et l’État – étaient prêtes à déchirer et à dévorer le cœur de quiconque pouvait nier leur droit divin d’asservir le monde. Dès son arrivée dans ce pays, il reçu une lettre d’introduction, signée par un autre infidèle, l’illustre Benjamin Franklin. Celle-ci, et son génie, constituèrent tout son capital ; et il n’avait rien besoin de plus. Il trouva les colonies qui clamaient pour la justice ; gémissaient sur leurs griefs ; à genoux au pied du trône anglais, implorant ce mélange d’idiot et de folie, qu’était Georges III, par la grâce de Dieu, pour la restauration de leurs anciens privilèges. Ils n’essaient pas de devenir des hommes libres, mais essayaient de ramollir le cœur de leur maître. Ils étaient parfaitement disposés à faire des briques si Pharaon fournissait la paille. Les colons souhaitaient, espéraient et priaient pour la réconciliation. Ils ne rêvaient pas d’indépendance.

…/…

Certains disaient que ce n’était pas à l’intérêt des colonies d’être libres. Paine répondit en disant: «Pour savoir si c’est l’intérêt du continent d’être indépendant, il suffit de poser cette question simple et facile : « Est il de l’intérêt d’un homme d’être un enfant toute sa vie ? » Il trouva beaucoup de gens qui n’écoutaient rien, et à eux il leur dit : « Discuter avec un homme qui a renoncé à l’usage et à l’autorité de la raison, et dont la philosophie consiste à tenir en mépris l’humanité, est comme administrer des médicaments à un mort. » Ce sentiment doit orner les murs de toute église.

…/…

Les craintes de l’administration furent éveillées, et Paine fut poursuivi pour diffamation et reconnu coupable ; Et pourtant il n’y a pas un sentiment dans toute l’œuvre qui ne conteste l’admiration de tout homme civilisé. C’est un recueil de sagesse politique, un arsenal d’idées et un honneur, non seulement pour Thomas Paine, mais pour la nature humaine elle-même. Il aurait pu être écrit seulement par l’homme qui avait la générosité, le patriotisme exalté, la bonté de dire : «Mon pays est le monde, et ma religion est de faire le bien. »

…/…

Il a commencé par l’affirmation : «Tout système de religion qui a quelque chose en elle qui choque l’esprit d’un enfant ne peut pas être vrai. » Quel beau et tendre sentiment ! Pas étonnant que l’église ait commencé à le haïr. Il croyait en un seul Dieu, et pas plus. Après cette vie, il espérait le bonheur. Il croyait que la vraie religion consistait à faire justice, à aimer la miséricorde, à s’efforcer de rendre heureux nos semblables et à offrir à Dieu le fruit du cœur. Il a nié l’inspiration des Écritures. C’était son crime.

…/…

Si un homme vous disait qu’il avait la plus belle peinture du monde, et après vous avoir emmené là où elle se trouve, insistait pour que vous gardiez les yeux yeux fermés, vous soupçonneriez peut-être, soit qu’il n’avait pas de tableau, soit qu’que cette peinture avait quelque chose de piteux . S’il vous disait qu’il est un excellent interprète au violon et qu’il refuse de jouer à moins que vos oreilles ne soient bouchées, vous diriez, pour le moins, qu’il a une manière étrange de vous convaincre de sa capacité musicale . Mais sa conduite serait-elle plus étrange que celle d’un religieux qui demande, avant que l’on examiner sa doctrine, « tu auras la bonté de ne pas utiliser ta raison » ? Le premier monsieur dit : «Gardez vos yeux fermés, mon tableau supporte tout sauf d’ être vu ; « Gardez vos oreilles bouchées, ma musique ne s’oppose à rien à part d’être entendu. » Le dernier dit : «Éloignez vous avec votre raison, ma religion ne redoute que d’être comprise».

/…

En ce qui me concerne, j’admire avec joie que la plupart des chrétiens sont honnêtes et que la plupart des prêtres sont sincères. Nous ne les attaquons pas ; nous attaquons leur croyance. Nous leur accordons les mêmes droits que nous demandons. Nous croyons que leurs doctrines sont blessantes. Nous croyons que le texte affreux, «Celui qui croit sera sauvé et celui qui ne croit pas sera damné», a couvert la terre de sang. Il a rempli le cœur d’arrogance, de cruauté et de meurtre. Il a causé les guerres de religion ; il a attaché des centaines de milliers de personnes au poteau ; fondé les inquisitions ; remplis les donjons ; inventé des instruments de torture ; a enseigné à la mère à haïr son enfant ; emprisonné l’esprit ; rempli le monde d’ignorance ; persécuté les amoureux de la sagesse ; construit les monastères et les couvents ; fait du bonheur un crime, de l’investigation scientifique un péché, et de l’autonomie un blasphème. Il a empoisonné les sources de l’apprentissage ; Détourné les énergies du monde ; Rempli tous les pays avec des besoins ; Logé les gens dans des taudis ; Les nourrissant de famine.

/…

Les malins disent, de Thomas Paine, qu’il n’avait pas le droit d’attaquer cette doctrine, parce qu’il ne connaissait pas les langues mortes ; Et que pour cette raison, c’était une pure folie pour lui d’examiner les Écritures.

Est-il nécessaire de comprendre l’hébreu pour savoir que la cruauté n’est pas une vertu, que le meurtre est incompatible avec la bonté infinie et que la punition éternelle ne peut être infligée à l’homme que par un démon éternel ? Est-il vraiment essentiel de savoir conjuguer les verbes en grecs avant de pouvoir décider de la probabilité que les morts sortent de leur tombe ? Faut-il être expert en latin avant d’avoir le droit d’exprimer son opinion sur l’authenticité d’une prétendue révélation de Dieu ? Le bon sens n’appartient exclusivement à aucune langue. La logique n’est pas confinée aux langues mortes, elle n’a pas été enterrée. Paine a attaqué la Bible telle qu’elle est traduite. Si la traduction est erronée, laissez ses défenseurs la corriger.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *